Le travail des enfants est une réalité qui gangrène le secteur de la production du cacao dans les pays pauvres. Particulièrement en Côte d’Ivoire, près de 800.000 enfants travaillent dans les cacaoyères, selon une étude de NORC at the University of Chicago (une organisation indépendante de recherche sociale aux États-Unis) réalisée lors de la campagne café-cacao 2018-2019.
Les causes de ce recours aux enfants comme main d'œuvre sont principalement la pauvreté des producteurs, l’insuffisance d’infrastructures d’éducation pour les enfants et le manque de meilleures alternatives de main d'œuvre.
Face au problème du travail des enfants, plusieurs entités se lèvent pour tenter de colmater la brèche.
Quelles solutions pour produire du cacao sans faire recours au travail des enfants ?
- Sensibiliser les producteurs : Les producteurs et les communautés rurales doivent être sensibilisés aux effets néfastes du travail des enfants sur leur santé, leur éducation et leur développement. Des campagnes de sensibilisation sur les besoins et les droits des enfants peuvent aider à changer la donne.
- Améliorer le revenu des producteurs : En améliorant les revenus des producteurs, ces derniers auront plus de moyens pour recruter de la main-d'œuvre adulte et auront ainsi moins recours aux enfants. Cette meilleure rémunération pourra aussi aider à financer l'éducation de leurs enfants, leur permettant ainsi d'aller à l'école plutôt que de travailler.
- Construire des infrastructures scolaires : La construction d'écoles dans les zones rurales peut encourager les parents à envoyer leurs enfants à l'école plutôt que de les faire travailler dans les champs. Toutefois, l'école ne devrait pas devenir une charge supplémentaire pour les producteurs qui ont déjà un faible revenu. Il faudrait donc aussi mettre en place des programmes de distribution gratuite de kits scolaires et des bourses d’études. Ces écoles pourraient également avoir des cantines, pour inciter les enfants à aimer l’école.
- Les normes et certifications agricoles : Les certifications telles que Fair Trade et les normes telles que la série ARS 1000 (qui sera bientôt mise en œuvre) intègrent des exigences sociales comme l'absence de travail des enfants. Ces standards offrent par ailleurs un meilleur prix d’achat aux producteurs, leur permettant ainsi d’avoir une meilleure rémunération.
- L’engagement des entreprises : Les entreprises qui achètent le cacao peuvent jouer un rôle dans l’élimination du travail des enfants, en s'assurant que leurs fournisseurs respectent des normes éthiques et légales en matière de travail des enfants.
- Des programmes de formation professionnelle : Il est important de rendre la production du cacao plus attractive pour les jeunes, si l’on veut avoir de la main d’œuvre adulte suffisante. Des programmes de formation professionnelle pour les adolescents et les jeunes adultes qui souhaitent travailler dans l'agriculture peuvent être une bonne alternative au travail précoce. Cela peut les préparer à des emplois agricoles durables et respectueux de leurs droits.
- Surveillance et application des lois : Les gouvernements doivent renforcer la surveillance du secteur agricole pour détecter et prévenir les cas de travail des enfants. L'application rigoureuse des lois est essentielle pour dissuader les employeurs de faire travailler des enfants.
- La mécanisation : Elle permettrait de réduire le besoin d’intervention de l’homme et par conséquent réduire le besoin de recourir à des enfants.
Nuance entre travail dangereux des enfants et traite des enfants
Une autre réalité est à souligner, c’est la traite des enfants. En effet, beaucoup d’enfants que l’on retrouve travaillant dans les cacaoyères sont le produit de la traite des enfants. Si l’on veut éradiquer le travail des enfants, il faut lui couper sa principale source qui est la traite des enfants. Des politiques rigoureuses doivent être mises en œuvre à ce niveau.
Il convient également de faire la différence entre le travail dangereux des enfants et leur socialisation. De fait, les champs peuvent être considérés comme des cadres de socialisation et de transmission de savoir aux enfants d’un certain âge, en dehors des heures d’école.
Besoin de main d’œuvre agricole et lutte contre le travail des enfants dans la cacaoculture : comment concilier les deux ?